Ce matin, en guise de petit déjeuner, je me tape 10 kilomètres jusqu’au supermarché car j’ai très mal dormi cette nuit et il me faut absolument des remontants : jus d’orange et barres de céréales. J’attaque ensuite la montagne qui encercle la ville. La côte espagnole est une véritable catastrophe écologique à ciel ouvert. Des immeubles et villas de partout, jusqu’à la plage et sur toutes les montagnes qui devaient être superbes. A Calpe, un immense rocher fait la curiosité de la ville. Il est maintenant caché par la hauteur des bâtiments qui l’entourent. On dirait qu’on veut à tout prix rattraper le temps perdu, sans en mesurer les conséquences. Les routes sont superbes mais on n’hésite pas à faire sauter la montagne pour les faire passer. Bon, on ne va pas refaire le monde.
En attendant, je suis obligé de mettre le plus petit plateau devant et le plus grand pignon derrière ; ça veut dire que ça grimpe ! Et en plein cagnard… En plus, ce n’est pas la grande forme. Je suis en train de payer mes étapes précédentes. Je crois que je vais prendre du repos plus tôt que prévu, tout dépend des campings que je vais trouver.
Au fait, j’ai oublié de vous dire qu’hier, j’ai croisé le tour d’Espagne. Super organisation….la route n’avait pas été barrée et la confusion était totale : des coureurs du peloton étaient coincés au milieu des voitures.
Bon, quand même quelques jolies descentes. Il faut absolument que j’arrive vers les 13 heures à Alicante, le temps de traverser la ville.
Ici, en Espagne, le déjeuner se prend à 15 heures et le soir à 22 heures ; j’en ai pris l’habitude. Je mange au bord du port et c’est reparti. Et là, super, la nationale longe la plage et je traverse la cité sans encombre. Et, bien indiqué pour une fois, je n’en reviens pas !
Après Alicante, des lignes droites à perte de vue, avec de nouveau le vent en face. Je pédale machinalement.
Changement de paysage, on se croirait en Camargue : des marais salants, avec de nombreux oiseaux d’eau. Ensuite, la route contourne la montagne. Et là, ça grimpe à nouveau, en plein soleil. Quelques descentes, dans lesquelles Bamako ne s’emballe pas, à cause du vent ; et, dernière grande montée sur le petit plateau avant Guardemar. Les kilomètres annoncés sur les panneaux ne sont jamais très fiables. J’ai envie d’aller plus loin mais il est déjà 18 heures, je vais donc en rester là. Je trouve un camping : s’il me plait, je resterais deux jours. J’ai besoin de laver des affaires, de réviser Bamako et de laisser cicatriser quelques infections mal placées. On me donne mon emplacement. Je tombe à côté d’un jeune couple de hollandais qui parlent un peu notre langue et des jeunes Belges, tous super sympas. D’emblée, ils me demandent où je vais et ils m’offrent une bière fraîche. Je suis bien tombé. Je vais pouvoir me refaire une santé et faire le point sur ma situation.
Question du jour : pourquoi y a t il autant d’escargots en Espagne ?!
Photographie du voyage
Carnet de route