Ce matin, je me rends compte que la montre que m’avait prêtée mon beauf René s’est arrêtée et est repartie ensuite. Ce serait-il passé quelque chose en France à ce moment précis ? Aujourd’hui, faux départ. Je voulais démarrer tôt, c’est raté. J’avais rangé toutes mes affaires et il se met à faire une averse de deux minutes au moment où il ne me restait plus que la tente à plier (normal, c’est la saison des pluies). La toile est toute mouillée et une bourrasque…. : Bamako par terre et tous mes papiers aussi, que je ramasse en catastrophe ; de même que le garde boue qui s’est déboîté. Et, heureusement, le rétro sacré n’a rien. Je nettoie mes papiers pleins de boue ainsi que les sacoches avec une gourde d’eau que je sacrifie. Tant pis, je ne me laverai pas ce matin. La deuxième béquille de Bamako a cassé. Il ne me reste plus que les bornes kilométriques pour le faire tenir droit lorsque je veux m’arrêter car ici, les arbres ça n’existe plus. Bon, je plie quand même. Je ne peux pas attendre que ça sèche. J’arrive à l’entrée de Tarfaya, ville fantôme au milieu du désert ; du sable partout, comme des congères de neige. Un tractopelle dégage la route complètement ensablée par la tempête d’hier, empêchant tout accès à la cité. Ils décrivaient cette ville comme étant hostile sur certains guides alors que je trouve les gens très gentils. Je bois un café au lait sur une terrasse. Des personnes viennent me serrer la main, me questionner et me souhaiter la bienvenue et bon voyage : si c’est ça l’hostilité, je prends ! Ils me conseillent même d’être très prudents avec les camions. L’un d’eux me dit : ce sont des animaux, ils vous foncent dessus. Je prends ensuite la direction de Layoune. Incroyable, j’ai le vent dans le dos, je n’en reviens pas. C’est le pied. Je roule avec le grand plateau avec des pointes à trente. J’aide la nature, j’en profite et pédale comme un fou, de peur que ça ne dure pas, c’est super ! Je ne suis parti de Tarfaya qu’à 9h30, le temps de faire le plein de provisions et d’eau car il n’y a aucun village avant cent kilomètres. Et là, à 13h30, j’ai déjà bouclé 80 kilomètres. Je n’ai même pas envie de m’arrêter pour manger tellement ça va bien mais il le faut. Alors, je trouve le seul buisson qui est dans le désert avec une jolie forme de parasol et je me mets à l’abri dessous. J’étale vêtements et toile de tente mouillée, qui sècheront pendant que je mange. Je ne traîne pas trop et j’avale 120 kilomètres en rien de temps. Tous les jours comme ça et je fais le tour du monde !! A l’entrée de Tarfaya, contrôle de la gendarmerie royale. Comme dab, tous les renseignements. Ils m’emmerdent pendant une demi-heure et après, me souhaitent toujours bienvenue. Le comble, c’est qu’il y a plein de voitures ou motos qui ne s’arrêtent pas et ils ne leur disent rien. 500 mètres plus loin, re-contrôle. Cette fois, c’est l’armée. Je leur dis que j’ai déjà donné une fiche de renseignements il y a deux minutes mais tant pis ; ils recommencent et de nouveau, une demi-heure de perdue et ensuite, bienvenue chez nous. Enfin, Laâyoune, grande ville truffée de casernes, de militaires et des policiers de partout.
De temps en temps, en plein milieu du désert, des énormes tourbillons de sable avancent à une vitesse folle, comme des minis tornades ; c’est très joli. Ici, les habitants sont très serviables. Je cherche une rue, trois fois des personnes m’accompagnent pour me guider. Je trouve un petit hôtel sympa où je fais la connaissance de deux motards hollandais qui vont faire la Mauritanie et rangent leurs motos au côté de Bamako dans un garage fermé à clé.