Carnet de route

Jeudi 24 octobre - direction akjoujt → direction Nouakchott (150 Km)

Il a fait énormément de vent cette nuit et nous sommes pleins de sable. Nos vêtements sont très sales, nous voulons nous laver, allons vers un puits à proximité mais l’eau est marron aussi. Alors, nous repartons pour akjoujt qui n’est plus qu’à 20 kilomètres, pour acheter vivres et boissons. Nous rêvons de frais, yaourt, fruits …mais, en Mauritanie, il n’y a pas grand chose à part dans les grandes villes. Et c’est très cher car tous ces produits viennent des pays voisins. Au bord de la route, un énorme camion est arrêté et trois Mauritaniens nous appellent et nous offrent le thé avec du très bon pain. Ça tombe bien, nous n’avions pas pris de petit déjeuner. Nous nous rendons ensuite à akjoujt, petite ville concentrée autour d’une mine d’or mais très pauvre. Celle-ci ne doit pas profiter aux habitants mais certainement à quelques sociétés étrangères. Nous buvons enfin un coca frais, quel pied ! Devant nous, un gamin d’environ quinze ans, légèrement handicapé mental, se fait embêter par les petits qui lui jettent des pierres pour qu’il leur courre après et ça les amuse. La vie n’a pas l’air toute rose ici. Les enfants jouent avec des pneus qu’ils poussent ou quatre petites roues en bois qu’ils poussent au bout d’un manche. Nous mangeons à midi dans une gargote, après s’être allongé sous un abri en tôle et bâche (ils appellent ça une auberge). Des nuées de gamins sont en admiration devant nos vélos mais sont chaque fois rejetés par les commerçants qui leur jettent même des pierres. Ensuite, on nous offre le thé et nous nous allongeons avec d’autres mauritaniens, à l’ombre, sur des tapis, devant une épicerie. Vu la canicule, nous allons essayer de nous reposer jusqu’en fin d’après midi et de rouler ensuite de nuit car elles sont très claires en ce moment. Nous repartons finalement à 16h30, de sorte que demain il ne nous reste plus que 150 kilomètres environ pour arriver à Nouakchott. Nous roulons jusqu’à la nuit mais elle est trop noire, nous n’y voyons plus rien. Alors nous nous arrêtons pour manger dans une vieille carcasse de voiture. Nous avons allumé une bougie et deux fois, des véhicules avec des gens du pays sont venus jusque devant nous pour voir ce qui se passait. Nous décidons enfin de repartir, moi devant avec ma lampe frontale pour éclairer et lui à l’arrière, avec mon petit phare rouge que j’ai installé sur son vélo. Beaucoup de voitures en face car c’est la veille du week-end ici. Et on se rend de Nouakchott à Atar. Nous roulons vraiment à l’aveuglette et trois fois je quitte la route et frôle la gamelle ! Vers les 22 heures, la lune se fait enfin voir et nous voyons plus clair. Alors, nous continuons jusqu’à 23h30 et dormons à la belle étoile.