Carnet de route

Vendredi 25 octobre - Direction Nouakchott → ville de Nouakchott (147 Km)

Nous partons assez tôt, à huit heures. Il y a une toute petite station avec une espèce d'épicerie dans une cabane en tôle mais il n’y a pas grand chose à part de l'eau. Pas de pain, juste une boîte de « Vache qui rit » qui devra faire la journée car plus rien avant Nouakchott. Du désert, que du désert, quelques dromadaires, quelques maisons carrées en terre, personne a l'extérieur. Tout le monde se tient à l'ombre sauf nous (ceux qui nous voient doivent vraiment nous prendre pour des fous). Nous buvons énormément. Nous voulons faire le maximum le matin mais nous sommes en train de payer les kilomètres d'hier, les jambes n'avancent plus. J'ai déjà bu cinq litres d'eau il ne me reste plus qu'un demi-litre. Je n'en peux plus, je rêve d'un coca frais. Plusieurs fois, nous nous sommes arrêtés vers des puits mais l'eau était très sale, avec des petits animaux crevés flottants à la surface (obligé ils ne les recouvrent pas). Plus loin, un homme et ses deux enfants sont allongés à l'ombre de leur camion, il nous fait signe. Il est vraiment le bienvenu car il nous offre le thé. Il nous donne de l'eau fraîche qui a un peu le goût du gasoil car elle est dans un bidon qui devait en contenir avant mais, tant pis, ça fait tellement du bien. Il nous indique qu'il y a un campement militaire à trois kilomètres avec de l'eau. Epuisés, nous restons avec lui encore quinze minutes, allongés sur le sol et décidons d'y aller avec tout de même un petit doute car ici, les kilomètres il n’en connaissent pas trop la valeur. Lorsque vous demandez une ville, un coup c'est 40 kilos, un coup 200, un coup 120 (et oui ils parlent en kilos) et ils n'ont pas du tout la notion des distances et du temps. Certains croient que l'on est parti de France il y a trois jours. De même, dans deux stations, alors que nous demandions de l'eau, ils nous demandaient gasoil ou essence ? Difficile de leur faire comprendre qu’il n’y avait pas de moteur ! Beaucoup de questions aussi sur les vitesses, le compteur et l'antivol. Enfin, nous repartons et celui là m’a fait mentir car, en effet, un peu plus loin, il y a un petit campement. Nous nous avançons vers les militaires armés jusqu'aux dents, ils nous saluent. Nous voyons un joli coin à l’ombre et y allons direct mais ils nous stoppent de suite en nous disant « pas là, c'est un site militaire, allez vous mettre sous l'arbre plus loin ». Ils nous donnent de l'eau fraîche et nous voila partis à pousser nos montures difficilement dans le sable pour se rendre sous un arbre en bois mais sans feuilles, juste avec des épines et un ombrage très léger. Nous n'avons même pas le courage de manger, nous n'avons que soif. Et, avant toute chose, nous nous allongeons pour essayer de nous reposer mais impossible avec les mouches et les fourmis très voraces avec, ici, trois espèces : des noires géantes, des grises métallisées (je ne sais pas la marque) et des rouges. Un black, qui a l'air d'être leur boy, nous apporte les trois thés et nous demande si nous voulons des biscuits. Impossible, nous n'avons vraiment pas faim, nous ne faisons que boire de l'eau qui, en dix minutes, est bouillante. Nous rêvons encore de boissons fraîches, yaourts, oranges, fraises, cerises, pêches, poires etc. Il n'y a rien de tout cela en Mauritanie. Notre repas de pique-nique ne change jamais : « vache qui rit », thon et du très bon pain lorsqu'il y en a. Nous restons allongés et, à 16 heures, nous essayons de nous forcer à manger car il nous reste 50 kilomètres. Le pain ne passe pas, juste la « vache qui rit ». Nous décidons de partir à 17 heures mais avant, nous allons vers le black faire le plein d'eau au puits et on lui demande de nous verser des grands seaux d'eau sur la tête, c'est tellement bon. Ensuite nous repartons sans conviction, en buvant et s'arrosant sans arrêt la tête. Je rêve d'arriver au plus vite dans cette foutue ville. Nous peinons, à peine à 20 Km/h de moyenne et puis, nouveau contrôle de police avec tout le tralala. Une meute de chiens a essayé de nous bouffer avant celui-ci et qui, heureusement, n'ont pas du nous trouver assez gras. Puis, l'éternelle question : est-ce que vous vendez vos vélos ? (Ici, ils n'ont pas d'argent mais ils veulent tout acheter). Puis, de nombreuses tentes de nomades, beaucoup de dunes et la nuit qui commence à tomber. Il est 20 heures lorsque nous arrivons en ville et nous nous ruons dans la première épicerie pour acheter un coca bien frais que nous vidons assis sur le trottoir. C'est incroyable : en écrivant ces lignes, je reprends soif. Nous trouvons ensuite un camping, une douche malheureusement pas assez froide. Nous allons manger pour la valeur d'un euro dans une rue où se baladent des troupeaux entiers de chèvres au milieu des voitures, des ordures et des magasins. Dès que nous avons fini de manger, le serveur débarrasse la table en jetant tout dans la rue (canettes en fer, serviettes, restants etc..) : c'est ça la Mauritanie.

Réactions des lecteurs

2 commentaires

Un lecteur

j'aime bien ta derniere phrase car c'est vraiment ca la mauritanie

Un lecteur

temoin

oui c'est vraiment ça la mauritanie : votre remarque est pertinente , labas on m'appelle ça le gazra : en langue maure le desordre du palais juisqu'au village.