J’ai passé une bonne nuit. Ce matin, je commence le traitement préventif pour le paludisme car il y a quelques moustiques et bientôt le Sénégal. Cette après midi, je vais à la plage avec mon compagnon de route, le temps est légèrement couvert mais l’eau est au moins à 20 degrés. L’océan, tout le long de la côte, est très dangereux. Il ne faut pas trop s’éloigner car ça tire vers le large. Sur la plage, il y a plein de trous dans le sable. Et, lorsque nous nous allongeons sur la serviette et que c’est plus calme, de partout des crabes jaunes sortent de ces orifices et courent dans tous les sens. On s’amuse à lancer des coquillages, ils se jettent dessus. Je ne tenterai pas de dormir une nuit au bord de l’eau ! Un black d’une carrure impressionnante vient vers nous avec un grand bâton qu’il avait laissé planté dans le sable. Je lui demande ce que c’est. Il me dit qu’il pratique des arts martiaux. Je lui réponds alors que c’est inutile car lorsqu’on le voit, on n’a pas envie de l’embêter !! Il nous raconte toute sa vie ; qu’il est d’origine sénégalaise et qu’il est pêcheur de petits requins. Il vend les ailerons aux Asiatiques (because aphrodisiaque, comme tout ce qui va en Asie). Il nous dit que les Mauritaniens ne savent pas pêcher, que toutes les pirogues ici sont à des Sénégalais. A ses heures perdues, il apprend la magie noire (normal, il n’est pas blanc). Et il pratique déjà le désenvoûtement et ça marche. Il a vu Dieu en se concentrant et il lui a donné une mission. Tout ça raconté avec son parlé et son accent, nous avons passé une superbe après midi ! Ce soir, je me rends à l’adresse de la famille de mon pote « Hibou », connu à Nouâdhibou. Heureusement que j’avais fait le repérage ce matin car leurs adresses sont très vagues. Ils m’avaient dit qu’ils habitaient dans une ancienne mosquée mais ici, ce n’est pas ça qui manque ! Je suis accueilli de suite à bras ouverts ; il leur avait téléphoné avant. Après le lavage des mains rituel, je mange avec toute la famille, assis en tailleur autour d’un plat succulent de pommes de terre, avec une cuisse de poulet bouillie et sa sauce. Et, de la main droite s’il vous plait (j’en ai laissé tomber pas mal sur le tapis mais il faut bien apprendre !!) Nous discutons beaucoup de la vie ici et je suis invité à venir leur dire adieu avant de repartir de la ville.
Photographie du voyage
Carnet de route