Re plage cette après midi. Le temps est encore couvert mais il fait très chaud et s’il y avait un drapeau, il serait vert. Le Breton est venu avec moi mais il a quitté le camping ce matin pour loger dans une famille pour payer un peu moins cher (mais en prime cafards et pas de douche). C’est drôle, depuis que nous nous sommes retrouvés ensemble en plein désert et malgré beaucoup de choses que nous n’avons pas en commun, nous nous entendons bien (comme quoi la galère rassemble les gens). Nous sommes assez différents, nous n’avons pas la même vision du voyage (je n’ai d’ailleurs pas compris la sienne !). Et, il est très économe. Mais c’est sûr que c’est un gars bien car, comme moi, il n’aime pas voir tabasser les animaux, il ramasse ses ordures et surtout, il aime Renaud (le chanteur). Ça va me faire bizarre de me retrouver seul car nous avons traversé des épreuves difficiles ensemble et partagé beaucoup de repas. Ça y est, je m’ennuie déjà. Et, c’est sûr, je repars après demain, le temps de régler mes problèmes d’argent. Cette après midi, la dernière que nous passons ensemble, nous allons voir les pêcheurs, avec des pirogues de toutes les couleurs, qui passent la première vague en les poussant à plusieurs (vu à «Thalassa»). Les femmes, habillées de robes aux couleurs éclatantes, attendent leur arrivée et se ruent, «à qui achètera la première les meilleurs poissons», qu’elles emmènent dans des énormes bassines portées sur la tête. Ce soir, je m’ennuie un peu alors je discute beaucoup avec un Mauritanien de la région de Bogué, près du fleuve Sénégal, qui travaille au camping. Il me parle de son gouvernement qui ne fait rien dans aucun domaine, que ce soit pour le sport, les jeunes ou le travail : si tu ne connais pas quelqu’un de bien placé, tu n’as pas un bon boulot, malgré tes diplômes. Ils n’ont en plus aucune couverture sociale. Si tu n’es pas en bonne santé, tu ne peux pas travailler et te tu te retrouves à la rue. Si tu tombes malade, c’est la famille qui se cotise pour te faire soigner. Pas d’assurance chômage et l’argent des aides humanitaires, ils n’en voient jamais la couleur. Par contre, le jour où Jacques Chirac est venu en visite à Atar, ils ont goudronné 12 kilomètres de route spécialement pour sa venue. Ici, tout le monde dit «dommage qu’il n’ait pas traversé toute la Mauritanie !!». Hier soir, dans la famille qui m’a reçue, ils m’expliquaient qu’ils avaient toujours de très bons rapports avec leurs voisins les plus proches car, en cas de problème, c’est eux qui étaient le plus vite disponible pour s’occuper d’eux (ça n’est plus trop le cas chez nous).
Photographie du voyage
Carnet de route