Carnet de route

Lundi 11 Novembre - REPOS BAKEL

J’ai une conjonctivite qui m’agace après l’accumulation des vents de face et de la poussière je pense. Une grande partie de la population a les yeux rouge ici. Heureusement qu’il me reste un peu de collyre. Je me suis fait surprendre en m’en mettant dans les yeux car il était bouillant. J’ai très peur pour la bombe.antiseptique en aérosol car elle subit des températures hors normes. Pour les autres médicaments je ne connais pas l'incidence.
Aujourd’hui je vais passer une journée tranquille. Le matin de la terrasse de ma chambre j’en prends plein les yeux, c’est toujours le folklore, dans les rues de terre, ânes, poules, chèvres, moutons se mélangent avec les vélos, mobylettes, camions et taxis. Les femmes sont à leurs tâches quotidiennes et les hommes sont encore assoupis. Beaucoup de gamins font la manche avec des boites de conserves vides a la main. En chantant le Coran. Après renseignements j’ai appris qu’ils étaient envoyés par des Marabouts, en échange de cela ils leur inculqueraient la bonne parole. A Mon avis il y a certainement encore une grosse déviance à ce niveau là. Cet après-midi je .retourne voir pour la pirogue de demain. Très dur de savoir laquelle va m’emmener et à quel heure car ils sont tous en train de dormir et les informations passent toujours par des intermédiaires. Aux dernières nouvelles je devrais partir à 8 heures du matin et il faut que je vienne ½ heure avant, mais c’est l’AFRIQUE, alors ?
Dans la rue je fais la connaissance avec le responsable de l’état civil de la mairie. Il m’invite à dîner avec sa famille ce soir. Il se surnomme Samba à cause de son amour de la danse. La ville de BAKEL est jumelée avec APT dans le sud de la France.
Ce soir me voilà chez Samba qui me présente sa jeune épouse depuis peu qui est enseignante. Par rapport à ce que j’ai vu autour de moi je sens la famille assez aisée. Grande maison avec une cour centrale on trouve la télé, belle chambre à l’européenne avec un beau lino et avec un vrai lit, une mini chaîne sur laquelle il me fait écouter toutes les musiques qu’il aime. En les écoutant il ne peut s’empêcher de danser en se déhanchant du bassin. Une chose dans cette pièce nous rappelle qu’on est en AFRIQUE c’est le gros crapaud qui se promène au milieu de celle ci sans que personne n’y prête aucune attention. Sur la terrasse il y en a plein.
Nous retournons ensuite dehors et malgré que le couple paraissait très moderne, (petits câlins, ils s’enlacent de temps en temps ce qui est rare ici), les traditions reprennent le dessus. Après que nous ayons bu le thé, le gingembre et le bissap, sa femme nous apporte le grand plat de Tieboudienne (riz-poisson) et nous mangeons, les hommes d’abord pour ne pas perdre les bonnes habitudes et toujours en faisant des boulettes de la main droite. Il se moque beaucoup de ma maladresse.
Samba tient à me faire quelques petits cadeaux, il m’offre des cassettes Sénégalaises et un superbe Boubou africain qu’il lui appartient en guise de souvenir.