Ca se tire. Je demande aux sœurs si elles n’ont pas des cartons dans leurs garages pour empaqueter « BAMAKO ». MIRACLE ! (Normal c’est des sœurs) il y a deux cartons spéciaux pour les vélos que des associations ont du laisser. Super, ça m’évite d’aller chercher je ne sais où car ici les cartons, ça ne courent pas les rues. Je vais ensuite faire mes dernières emplettes.
Je suis content j’ai fait des supers coups mais je culpabilise toujours après avoir trop marchandé. Quand je vois le travail réalisé pour faire certaines choses et le prix dérisoire que l’on paie. Je troc aussi mes dernières chambres à air, même celles d’occase et ma moustiquaire pour gagner un peu de place. Malgré cela je me demande comment je vais tout emporter.
En ville, un malien m’interpelle. « Hé Michel ! », je suis maintenant méfiant et je ne lui réponds pas. Je suis tout de même étonné qu’il connaisse mon prénom. Il avance et me dit « tu ne te souviens plus de moi », et là j’ai vraiment honte car c’est un gars d’un village qui m’avait hébergé : LASSI le teinturier. J’ai mis longtemps à me le remémorer et m’en excuse.
Dans la rue, un peu plus loin, je retrouve aussi un des français Rasta qui logeait à KITTA avec moi. Et, le comble des combles, à midi, devinez qui arrive à la mission des Sœurs Blanches ? Je n’en reviens pas : l’Espagnol avec lequel j’avais pris le train de MAURITANIE et que j’avais retrouvé ensuite dans la même auberge que moi à St LOUIS. C’est incroyable, un mois après, je le retrouve ici, le monde est vraiment petit.
Aujourd’hui, il arrive pas mal de membres de diverses associations qui transportent du matériel scolaire. Le menu de Mustapha n’est pas assez bien pour eux alors ils vont manger dans un resto plus chic et plus européen. Une femme d’une autre association et qui loge à la Mission reprend l’avion aujourd’hui (Air France, s'il vous plait) c'est plus cher mais c'est mieux.
Elle se fait ramener à l’aéroport par deux pères Catholiques Maliens avec la dernière 406 HDI neuve qui est une véritable fortune pour ce pays. Eux se portent très bien et sont très bien habillés. A les entendre discuter, ils ont voyagé dans le monde entier et prêché pour les pauvres (ça doit être très enrichissant de prier) : il y a des choses que je ne comprends pas.
Ce soir, je mange chez Mustapha avec un couple de français. Ils possèdent une Renault 4 L qu’ils ont acheté à un chasseur chez nous pour 380 € et ils ont pris une année sabbatique pour visiter l’AFRIQUE. La femme du couple a préparée une salade composée avec des légumes qu’elle a acheté au marché et du thon.
Ca fait du bien de manger un peu de verdure car ici, au MALI, c’est juste une assiette, souvent de riz accompagné d’un peu de poisson ou de viande, ou simplement avec une sauce arachide ou à la viande. Il n’y a pas comme chez nous une entrée et un dessert. Dans les villages de brousse, on trouve uniquement du mil.
A midi j’ai mangé juste une assiette de pâtes et j’avais très faim. En plus chez Mustapha, record battu, pour une assiette de pâtes, deux heures d’attente. Nulle part ils n’ont de stock de nourriture car ils n’ont rien pour la conserver alors si vous demandez autre chose que du riz, il faut le dire à l’avance et ils vont l’acheter. Pour la boisson, c’est pareil, ils remplissent le frigo lorsqu’il y en a un et vendent jusqu’à ce qu’il soit vide. Si vous demandez un Coca, et qu’ils ne l’ont pas, ils vont l’acheter à l’épicerie la plus proche.
Chez Mustapha ce qu’il y a de bien, lorsque tu as finis de manger il y a toujours le voisin qui t’apporte la pastèque ou autre. Même si tu commandes un repas tu peux très bien manger autre chose, yaourt etc.… que tu as acheté ailleurs. Tout est permis en Afrique.
