Carnet de route

Lundi 9 septembre - Castelfields → Salou (110 Km)

Aujourd'hui, je croyais faire une étape tranquille mais je dois déjà me retaper les 10 kilomètres que j'ai fait pour rien dans l'autre sens. Mais, au fait, comment je sors du camping puisque je suis rentré par l'autoroute ? Et bien, pas de solution pour les vélos. Soit je la reprends dans le bon sens jusqu'à une sortie (ça peut durer longtemps), soit je la reprends au bord à contresens et c'est la meilleure solution. Avant le départ, les Bordelais m'offrent une bouteille d'eau minérale car celle du camping est imbuvable. Plus loin, un jeune en scooter avec sa nana derrière a voulu faire le barbot en prenant le rond point à fond devant moi et a fait un vol plané comme je n'en n’ai jamais vu et la fille est repartie en ambulance. En m'arrêtant au poste d'essence pour demander ma route, j'assiste à une scène peu commune : un punk espagnol, tatoué de partout, s'en prend à la caissière car le poste où il devait se servir était fermé. Après, il prend une grosse crise : il jette les quilles sur la route, s'acharne à coup de pieds et de points sur le poste d'essence et arrache le tuyau d'essence. Vu comme il est parti,(ne restons pas ici ) nous reprenons la route mais je n'ai déjà plus de jambes. Je la vois à l'horizon qui monte dans les falaises. C'est parti : petit plateau et grand pignon pour la première fois, vue superbe sur les criques mais il faut toujours prêter attention aux camions qui descendent à fond avec les remorques pleines de graviers. Ça sent le brûlé à fond ! J'en bave. Tout à coup, on me klaxonne, c'est les Bordelais du camping qui me doublent en camping car. Enfin, de temps en temps, une super descente. Je freine le moins possible pour profiter de ces bons moments.
Nous croisons un vélo très chargé, un petit signe de la main et c’est reparti. L'après midi, je me dirige sur Tarragone, la misère ! De contournements en contournements, rien n'est prévu pour les vélos. Je galère jusqu'à 20 heures le soir pour trouver enfin un camping en pleine ville, grâce à un espagnol sympa (il y en a), qui m'accompagne en VTT. Sinon, j'y serais encore ...
Aucune cabine téléphonique ne fonctionne alors, je cherche un cybercafé pour passer un petit coucou. Demain, il faut absolument que je trouve un camping bien pour me reposer un ou deux jours car je suis à bout. Cette nuit je n'ai rien dormi, réveillé par de grands coups de tonnerre. Je me suis vite levé pour couvrir les sacoches et la selle de Bamako puis amarrer la tente et il n'est pas tombé une goutte.