Carnet de route

Mardi 10 septembre - Salou → Campril (17 Km)

Il faut absolument que je trouve un camping tranquille pour me reposer. J'ai aussi beaucoup de linge à laver car ça commence à sentir le chacal ! Mes gants qui, soit disant contiennent du gel, prennent une odeur insupportable au point que lorsque je rentre dans un endroit public, je les laisse dans une sacoche.

Ça y est, je vois un camping sur la gauche, j'ai envie d'aller plus loin mais, par expérience, pour peu que la route contourne encore les villes, je vais encore me taper 50 kilomètres. Alors, c'est décidé, je m'arrête. Pour une fois, la réceptionniste parle français et en plus est sympa. Le camping est au bord de la mer et bien ombragé : c'est parfait pour me reposer. Les emplacements sont comme de partout en Espagne : parc, cabane pour le chat, le chien et une petite cage pour le canari ou le chardonneret, alors qu'il y en a des quantités à l’extérieur ; il y a même des grosses perruches vertes dans les arbres.

Côté sanitaire, c'est la même douche avec persiennes en bois pour voir celui qui attend et wc avec la tête qui dépasse de la porte. Ça doit être l’habitude des box à chevaux. Fin de matinée, je fais une grande lessive. Un espagnol et une grosse mama, d'un air agressif, essaient de m'expliquer qu'il ne faut pas que je lave dans le bac que j'avais choisi exprès car c'est le seul qui a de l'eau chaude. Je fais semblant de ne pas comprendre. Il repart en grognant en espagnol avec sa grosse mégère. L'après midi, une petite baignade sur la plage qui, de Costa Dorada, n'a que le nom car le sable est teinté de gros reflets noirs qui sont sans doute les surplus des immenses zones industrielles et usines chimiques des villes en amont. Ça y est, je m'ennuie déjà et bizarrement j’ai déjà envie de repartir. Est-ce l'appel de la route ? Et pourtant, il faut vraiment que je me force à me reposer. Les gars du Tour de France le font, pourquoi pas moi.
Au fait, en arrivant, j'ai pour la première fois déchargé complètement Bamako. Si il pouvait parler, il me dirait certainement Merci ! En plus, je vais en profiter pour faire une petite révision.