Après une bonne nuit, je vais peut-être plus facilement retrouver ma direction. J’arrive au premier rond point, direction Almeria, aucune autre solution. Une seule issue, l’autopista, avec les mêmes panneaux d’interdiction aux vélos.
Tant pis, je prends cette voie pendant 4 kilomètres, jusqu’à la prochaine sortie. Et là, miracle, je retrouve l’ancienne nationale, une jolie petite route qui traverse l’Andalousie, avec son beau décor et ses petits villages.
Ca monte pas mal mais le paysage n’est pas monotone. Plus tard, paysage montagneux de westerns. Nous passons ensuite devant Fort Bravo, lieu hollywoodien où sont tournés de nombreux films. Après beaucoup de montées, une très belle descente, qui débouche sur un rond point, avec de nouveau les interdictions aux deux roues. Je vois la guardia civil, ça tombe bien ! Je leur demande des explications. Ils ne m’écoutent pas mais me font signe de les suivre. Une centaine de mètres plus loin, ils m’engagent sur une petite route, qui n’est même pas indiquée, et c’est la bonne ! Vu que les automobilistes prennent tous les nouvelles voies, ils n’ont pas pris la peine de signaler les anciennes. Pendant midi, un Espagnol parlant très bien français et très sympathique me demande d’où je viens et me conseille ensuite de prendre un car jusqu’à Algesiras. Il insiste même pour m’emmener vers la caissière de la gare routière, où il fait l’interprète. Elle lui explique que le départ est pour demain 8 heures et qu’il faut empaqueter les roues et le pédalier avec du carton. C’est vrai que ça me ferait gagner le temps perdu et me permettrait de me reposer mais je demande à Bamako, qui n’est pas d’accord. Alors, nous continuons notre route…. !
Après Almeria, le paysage est un océan de plastique : de la montagne à la mer, incroyable, des serres à perte de vue, où l’on cultive de la tomate. La moindre parcelle est occupée par une serre, même aux endroits les plus inaccessibles. Je me suis laissé entendre dire que beaucoup de main d’œuvre en situation irrégulière, notamment des Marocains, est exploitée par ces gros maraîchers, qui gagnent de l’or.
Pour rejoindre un camping en bord de mer, je suis obligé de passer dans ce labyrinthe, par des petites routes où je ne vois jamais l’issue.
Ça renifle le pesticide à pleins poumons. Après un gros orage, devinez où peuvent se rendre tous ces produits toxiques ??
Je vois des ouvriers traiter, contre le vent et sans masque. C’est aberrant. Je me demande d’où vient l’eau pour arroser toutes ces plantes.
Une fois sorti de ce piège, je dois remonter 10 kilomètres au nord pour trouver un camping. Car le seul qu’il y avait dans la ville est fermé, et pas question de faire du camping sauvage car, non seulement c’est interdit mais les guardias se cachent pour surprendre les campings cars ou autres intrus et leur infliger un PV !
Photographie du voyage
Carnet de route