Aujourd’hui, journée de repos. Mais, au Maroc, il faut vivre avec le bruit, même la nuit, alors on va plutôt dire « journée sans pédaler ». Alors, comme dab, douche, linge sale, révision et le point sur les kilomètres. Vu que je suis parti avec deux jours de retard, en rapport à la date prévue, à cause de Bamako qui n’était pas prêt (les vedettes se font toujours attendre) ; vu que j’ai perdu quatre jours en Espagne car 367 kilomètres de plus que ma prévision, plus une journée pour trouver un pneu ; il faut que je revoie des choses car ça va me faire des moyennes trop importantes pour finir mon périple. Et, mon but n’est pas le kilométrage mais la découverte. Jusqu’à présent, je ne suis jamais descendu en dessous des 100 kilomètres par jour, avec seulement trois jours de repos. De plus, des français rencontrés il y a deux jours m’ont dit que le paysage était vraiment identique et monotone sur la côte nord. J’ai donc décidé, pour mieux profiter du reste de mon aventure, de mettre Bamako dans le bus et de rejoindre directement Essaouira, ce qui me fera gagner trois jours. Bamako n’est pas très enchanté de voyager dans les soutes car il ne va pas voir le paysage. Moi non plus car j’aurai préféré rouler mais malheureusement, je suis trop limité par le temps. Me voici donc avec mon billet en main pour demain matin, ce qui ne m’enchante pas trop car il est prévu d’arriver à une heure du matin et en pleine zone industrielle. Ici, à Rabat, on se sent très bien, c’est une ville très agréable. Lorsque je pense qu’en Espagne il m’a fallu 70 kilomètres pour trouver un pneu. Ici, au contraire, tout est possible, tout se trouve, tout se répare. Ce matin, je demande un café au lait dans une boulangerie, pas de problème ; un coca dans une pâtisserie, il y en a. Je suis sûr que si j’ai un problème sur le vélo, je trouve un réparateur dans les 200 mètres environnants. Hier, je mangeais un couscous dans un resto et, avant de partir, je lui demande de me vendre un litre d’eau pour l’hôtel. Il refuse en me disant « ici, je vais vous la vendre beaucoup trop cher, prenez là dans une épicerie, à côté, vous la payerez beaucoup moins cher » !! De plus, les magasins sont ouverts jusqu’à minuit. Cette après midi, j’ai fait le tour des souks et, très étonné, je n’ai jamais été interpellé pour acheter. C’est vrai qu’avec mon pantalon et mon teint devenu mat, j’ai du me confondre parmi la foule locale.
Photographie du voyage
Carnet de route