Lundi 30 septembre - Repos - Essaouira

Carnet de route

Lundi 30 septembre - Repos - Essaouira

Je repense à hier, dans le bus de la CTM, Meilleure société de transports du Maroc, c’était pas mal de voir l’envers du décor. Là, je me suis vraiment rendu compte qu’avec Bamako, on était tous petits sur la route. Le car a roulé une bonne partie de nuit et c’était impressionnant : charrettes non éclairées (normal, ici, les ânes n’ont pas l’électricité), vélos, piétons, mobylettes qu’on voit au dernier moment, sans oublier les vaches, chiens et moutons qui traversent n’importe où et n’importe quand. Ça marche tout au klaxon et souvent, ça passe. A un moment, la route était très étroite et sinueuse et il roulait en veilleuses pour ne pas éblouir les véhicules d’en face ; ça fait assez bizarre, ce n’est pas « le salaire de la peur » mais pas loin… Pendant le voyage, à côté de moi, il y avait un bureaucrate marocain, très bien habillé : cravate plus complet deux pièces (plus cuisine !). Il m’a expliqué qu’il voyageait souvent avec ce transport en commun et que le chauffeur allait refaire 400 kilomètres dans l’autre sens sans se reposer. Et qu’avant, ils étaient deux ; maintenant, avec les nouvelles directives, il se retrouve seul et, non seulement conduit, mais enregistre les clients, charge et décharge les bagages. Dans un sens, il vaut mieux faire l’aller que le retour. Ce gars m’a aussi beaucoup parlé de la politique du pays, des nouvelles élections transparentes (nouveauté pour le pays), des traditions, du chômage, des études, de la gestion de l’eau (car huit années de sécheresse)…Malheureusement, ils parlent à l’avenir d’utiliser le nucléaire pour les usines de désalinisation d’eau de mer, qui serait beaucoup moins cher que les autres énergies. Il m’a aussi beaucoup parlé de la ville d’Essaouira où il se rendait pour voir sa famille et décompresser. Aujourd’hui, en fin de matinée, en visitant la ville, on m’appelle : c’était lui, assis à la terrasse d’un café, avec sa petite-nièce. Il m’a offert un verre et s’est excusé de ne pas m’inviter à manger car il n’était pas chez lui. Essaouira, avec ses murs blancs et ses volets bleus, est une ville magique où l’on se sent bien. Les jeunes marocains sont même terriblement baba cools. Ici, on écoute Bob Marley, des musiques des années 70 et on fume facilement le calumet de la paix ! Malheureusement, ils sont en train de construire une ville nouvelle, qui risque d’étouffer la vieille cité.