Carnet de route

Jeudi 17 octobre – Repos à Nouâdhibou

Ce matin, lessive, lavage Bamako, révision et nouvelles sur Internet. A midi, je mange dans une petite gargote Africaine un Tiéboudienne (riz au poisson). Ensuite, hygiène oblige, je vais me faire faire une petite coupe de cheveux chez un coiffeur Guinéen. J'en profite pour lui demander une adresse pour faire recoudre ma toile de tente. Pas de problème : il m'emmène chez un de ces copains tailleurs qui me répare ça pour une somme symbolique. Ensuite, je cherche un bout de tube creux pour réparer mes arceaux. Je fais une paire de boutique de plombiers sans succès et un jeune black vient vers moi puis me guide chez des quincailliers. On en fait au moins une dizaine sans rien trouver. Alors, je lui dis en plaisantant "il faut absolument que tu me trouves de quoi réparer car on m'a assuré qu'en Mauritanie tout était possible" ; ça l'a bien fait rire et finalement, à force de chercher, nous trouvons ce qu'il me faut. Je lui propose de lui offrir à boire. Il refuse et me dit "c'est toi qui viens chez moi. J'habite seul, je suis plombier à mon compte car avant j'étais exploité par un patron et les blacks ne sont pas respectés ici. Alors j'ai préféré travailler pour moi". Il me présente son apprenti et lui glisse un billet pour sa journée. Ici, les billets se mettent dans les poches et sont dans un très mauvais état. Ils sont tous recollés plusieurs fois, parfois avec de l'adhésif noir ou bien on vous donne les deux morceaux séparés, en vous montrant que les numéros sont bien identiques. Nous montons ensuite chez lui, il se surnomme "hibou". Il est d'origine sénégalaise mais né à Nouakchott. Il adore le sport mais ici, il n'y a aucun équipement. Alors, il se lève le matin à six heures pour courir avant de partir au travail. Il m'explique que son plafond s'est écroulé un peu hier. En effet, le plâtre s'est détaché sur deux mètres de diamètre mais ça ne l'affole pas plus que ça. Il me présente ses voisins et copains, qui viennent tour à tour dans cette petite pièce qui lui sert de chambre et de cuisine, où se trouve une minichaîne car il est fan de bonne musique (et surtout de reggae). Il fait le thé pour tout le monde et me sort l'album photo pour me présenter toute sa famille. Puis nous nous donnons rendez-vous pour manger ensemble demain car c'est son jour de repos. En Mauritanie, la semaine commence le dimanche. Ce soir, je mange avec le Breton, dans un petit resto tenu par une Maïté marocaine, très gentille. En ville, c'est encore plus folklo que le Maroc, les taxis sont des R12 ou des R4 encore en plus mauvais état, on se demande comment ça roule. Les rues ne sont pas goudronnées. Avec les voitures se côtoient ânes, chèvres et moutons, qui se nourrissent des papiers gras et plastiques qui traînent de partout. Pendant que j'écris du camping, je suis en même temps en train d'exterminer des fourmis grosses cinq fois comme les nôtres. Je n'ai pas envie de me faire dévorer cette nuit mais plus j'en écrase, plus il y en a. Ensuite, en discutant avec mon compagnon de route, nous décidons d'un commun accord de ne plus continuer à rouler ensemble car nous n'avons pas la même vision des choses. Comme quoi, pour partir à deux, il doit falloir vraiment bien se connaître.