Ce matin, il tombe des trombes d’eau. J’hésite. En attendant, à l’abri, j’en profite pour équiper les sacoches de leurs imperméables et je patiente.
Neuf heures, il pleut toujours. Je décide de partir quand même car je ne vais pas passer ma journée ici.
Je me mets torse nu sous mon coupe vent en goretex, cela fera des affaires en moins à sécher. 500 mètres plus loin, c’est de pire en pire, je n’y vois plus rien. Tant pis. Au point où j’en suis, je continue. Un avantage quand même (car dans ces situations, pour se motiver, il faut regarder le bon côté des choses), il ne fait pas froid. Et, lorsqu’il pleut, il n’y a pas notre ennemi principal « le vent ».
Plus tard, le temps s’arrange et j’arrive à Montpellier (la galère). Des déviations à n’en plus finir. J’ai du faire au moins trois fois le tour de la ville alors qu’au départ de mon périple, j’avais dit que je roulerai tous les jours sans me retourner. Je crois que j’ai fait 20 kilomètres pour rien et pour moi c’est une perte de temps.
Enfin, je sors de la ville, direction Béziers, avec un paysage plus nature, au milieu des vignes, avec des petits villages très fleuris. Ça vendange à plein et tout à la machine. Une bonne odeur de raisin écrasé me parvient de temps en temps dans les narines.
Heureusement, il reste quelques vignes intactes pour mes besoins en vitamines (quelle cure !). Ce qui m’énerve, c’est que l’on ne voit pas la mer. Moi, je l’ai déjà vue mais Bamako, jamais !
Des montagnes russes à perte de vue et, comme par hasard, le vent qui reprend de plus belle mais jamais dans le dos, je crois faire du surplace. Cette fois ci, il y a des montées qui montent mais des descentes qui ne descendent pas et dans lesquelles il faut pédaler.
Je crois que j’ai compris le phénomène !! Les montées sont à l’abri du vent mais lorsque vous passez la bosse, vous l’avez en pleine poire !
Heureusement, le paysage est moins monotone que celui du Gard, qui n’est que casses de voitures (pas étonnant comme ils conduisent) et décharges sauvages. Aujourd’hui, je suis en train de payer la grande étape d’hier car, malgré mes encouragements, Bamako n’avance plus. J’arrive difficilement à Béziers en prenant souvent des routes bizarres, la plupart du temps interdites aux vélos mais je n’ai pas le choix !
Je prends alors la direction de Narbonne et à midi, un gars super sympa m’offre un plat de lasagnes et un bon petit café. Il m’annonce qu’après cette ville m’attend un intra montagne (vent de travers) à 70 ou 100 Km/heure. Super…
Tiens, première petite galère pour Bamako. Sa béquille n’a pas tenu le choc avec le poids des bagages. Et, pour lui, une jambe en moins, c’est la chute !
Demain, il faut absolument que je trouve un soudeur avant de passer l’Espagne.
Bon, assez roulé. Je trouve une petite auberge mais le patron a une gueule qui ne me plaît pas du tout. « Même pour l’argent, il ne sourit pas celui là ». J’essaie de lui marchander la chambre mais il trouve comme excuse qu’elle est neuve et qu’il y a un grand lit. Je lui rétorque que je m’en fou car mon vélo ne dort pas avec moi !!
Il a surtout vu que j’étais en vélo, fatigué et que je n’avais pas envie de faire 20 bornes de plus. Dans le midi, ils n’ont pas compris qu’il y avait des prix pleine saison et hors saison. Il me demande même de régler d’avance (il est vrai qu’en vélo avec des sacoches, ça fait très peur).
Bon, ce soir, pour amortir ma facture, je vais utiliser l’eau chaude pour faire ma première lessive. Car la sueur mélangée au gel anti-irritations et au gel réchauffeur de muscles, ça fait un drôle de cocktail !
Photographie du voyage
Carnet de route