Carnet de route

Vendredi 6 septembre - Nissan lez Enserune → Argelès 115 Kms

Départ à 8h30. Il faut absolument que je fasse réparer cette foutue béquille car, même appuyé contre un arbre, Bamako glisse avec le poids. Et, son rétroviseur, qui m'est trop utile, va finir par se casser. 10 kilomètres plus loin, je trouve un grand magasin réparateur de cycles. Il n'ouvre qu'à 9h30 (c'est le midi). J'attends devant, plein d'espoir et, une demi-heure après, le gars arrive sur un vtt d'un état déplorable et plus bas de gamme que le dernier des bas de gamme de grande surface. Mon compagnon de route ne lui jette même pas un regard. Franchement, être marchand de cycles et rouler sur un truc pareil !!
A la tête qu'il me fait en arrivant je comprends avant qu'il ne me parle qu'il n'a pas envie de me dépanner. Pas manqué. Il invente toutes les excuses du monde : qu'il n'a pas de poste à souder etc.… et puis, il me fait perdre une demi-heure heure en me faisant un cours sur le centre de gravité d'un vélo, qui expliquerait tout mes problèmes. Sauf qu'il n'a pas compris que je ne voulais pas des explications mais une solution. Je repars déçu et, un peu plus loin, je vois sur ma droite un serrurier. C'est exactement ce qu'il me faut. Je m'approche, le gars continue son train-train. Alors, je suis obligé d'aller à lui. Et, d'un air abattu, comme un chien qui viendrait de prendre une volée, il me dit qu'il est débordé avec les vendanges et qu'il ne peut rien pour moi. L'hospitalité méditerranéenne se confirme.
J'en ai marre, je continue donc ma route. Et, ce que l'on m'avait prédit hier arrive : l'intra montagnes, d'abord de face dans les immenses lignes droites où je ne dépasse pas les 10 Km/h et ensuite de travers, une horreur. De très fortes rafales me jettent sur la voie de circulation et je joue au chat et à la souris avec les camions, toujours un oeil dans le rétro. Lorsque j'en vois un qui ne dévie pas sa route, je me jette sur le côté. Je préfère très largement la pluie et puis même le beau temps.
Une seule fois, en contournant Narbonne, je me trouve pendant 2 kilomètres le vent dans le dos et, vous ne me croirez pas, Bamako se tape la côte à 40 Km/h sans complexe.
Toutefois, je trouve la N9 trop dangereuse avec les rafales pour la continuer jusqu'à Perpignan. Alors, je prends la direction des plages vers Port-Leucate, où le vent m'aide un peu.
Enfin, je montre la mer à Bamako pour la première fois et il l'a même traversée (eh oui, vous n'avez qu'à regarder sur la carte).
Je mange dans cette ville nouvelle leur légume local, des frites car figurez-vous qu’il n'y a pas que des patates seulement dans le Nord. Ici c'est leur plat principal.
Ensuite, une demi-heure de plage pour digérer. Dommage je n'aie pas mon maillot de bain sur moi et rien non plus sous mon cycliste ! Il est 14 heures 30 et je reprends la route direction Argelès. C'est du gâteau : le vent est avec nous et nous avalons les 40 kilomètres en un temps record.
Aujourd’hui je décide de faire une étape raisonnable afin de m'arrêter de bonne heure à Argelès pour trouver tranquillement un camping, ce qui ne dois pas être difficile car je crois que c'est la ville d’Europe où il y en a le plus. Une fois celui-ci trouvé, je me rends à la réception et, dans l'intention qu'ils me fassent un prix préférentiel, je dis aux gérants, sûr de moi, que j'ai déjà camper ici avec ma famille il y a une vingtaine d'années et que je me rappelle bien d'eux. Ils me répondent qu'ils ont repris ce camping depuis dix ans seulement !!! (Sans commentaire…).
A l'extérieur, en face de la pancarte Collioure, les montagnes m'attendent de pied ferme. Je me demande si je les affronte demain où si je pose une journée de repos avant de les attaquer ; et de quel coté ?
Je vais peut-être retenter ma chance vers un serrurier de la ville pour la jambe de Bamako qui, lui, mérite bien un peu de repos. Quant à moi, la nuit dernière, malgré une chambre neuve et un grand lit, ça ne m’a pas empêché de mal dormir à cause des machines à vendanger qui ont traversé le village toute la nuit.
Au fait, j'ai oublié de vous expliquer pour mon linge, car vous avez dû certainement vous poser la question suivante : “le linge qu'il lave le soir, comment fait-il pour le faire sécher ?”. Et bien c'est simple : le matin, je l'attache sur mes sacoches arrières et il sèche en roulant !

Anecdote du jour : ce matin, une voiture Peugeot, en état de décomposition avancée, immatriculée en Hollande et conduite par deux individus qui n'avaient pas des têtes de Hollandais mais de repris de justice sont curieusement tombés par trois fois en panne devant moi. Je trouvais ça assez douteux. Et, le comble de l'histoire : dans une grande montée avec vent de face, je m'arrête pour manger un gros raisin anti-coup de pompe et voici que la voiture stoppe à nouveau à quelques mètres. Un des individus descend alors et vient à ma rencontre. Il me demande gentiment si je pouvais allez chercher un garagiste ! Il devait certainement penser que Bamako était motorisé !

Réactions des lecteurs

1 commentaire

Un lecteur

courageux

qu'elle courage, moi je serais déjà fatiguer d'avoir parcouru tout ce chemin, car je vais a port leucate en vacance, ca me semble déjà long, qu'es ce que ca serait si je le parcourer a vélo