Ce matin, j’apprends que je ne peux pas coucher ce soir à l’auberge. Soit disant qu’il n’y a plus de place (étonnant, c’était tout vide). Je crois plutôt qu’il n’a pas apprécié que je lui tienne tête l’autre jour et que j’occupe une chambre qui normalement est plus chère. Je lui fais comprendre qu’il vaut mieux louer une chambre moins chère que de la garder vide. Il essaie alors de me faire croire que plein de monde va arriver en soirée alors que je sais par son employé que c’est faux. Je lui dis alors que je connais le secrétaire de Mairie, qui m’a souhaité la bienvenue dans sa ville et que lui me met à la porte, que ce n’est pas normal, je vais lui en parler. Bizarrement, il me laisse la chambre et me propose de m’offrir un verre ce soir (comme quoi ici les relations ça marche). Je vais ensuite faire un tour de marché. Dommage qu’il me soit impossible de photographier, trop de monde me regarde. Je trouve dans une petite rue une autre boulangerie-pâtisserie. Je vais voir : aucun gâteau. Je lui demande pourquoi c’est marqué pâtisserie. Il ne comprend pas. Je lui demande alors s’il sait les faire. Il me dit que c’est trop compliqué et qu’ils n’ont pas le temps (alors qu’ils sont cinq couchés devant le magasin). A force d’insister (car je suis têtu), il me propose d’essayer de m’en faire un. Il faut que je revienne à 17 heures voir si ça me plaît (ça risque de ne pas être triste). En attendant, je retourne à Matam vers les piroguiers pour plaisanter un peu avec eux afin de passer l’après midi. Cette fois ci, trois chèvres sur la galerie de la 504. Ils regrettent beaucoup de ne pas faire ces trois jours de pirogue avec moi. Quand je pense à l’émission « faut pas rêver », ils montraient un écrivain qui remontait tout le fleuve Sénégal pour s’inspirer. Ça a du lui coûter cher. Ici, les pirogues traversent uniquement le fleuve en largeur pour se rendre en face, en Mauritanie, où ils vont acheter le sucre qui est moins cher. J’en profite pour échanger avec eux quelques Ouguiyas qu’il me restait. Les berges du fleuve sont de véritables décharges où les femmes se lavent ainsi que la vaisselle et le linge. Elles se savonnent mutuellement dans une eau très sale. Les piroguiers m’assurent qu’elle est très propre au milieu et qu’ils la boivent sans problème. Pendant que j’attends un taxi brousse pour le retour, un vol de chauve-souris, de la grosseur d’un hibou. Celles ci tournoient au-dessus des arbres et de nos têtes, c’est assez impressionnant. 17 heures, je vais chercher mon gâteau. Et là, surprise, même avec de la bonne volonté, ils m’ont fait un petit truc tout plat, en forme de demi-cercle. Et ils ont écrit en perçant des trous dans la pâte « Michel » et « 46 ». Mais ça ne se voit pas du tout alors, je fais semblant d’être content et je refais les lettres avec le gars du Tegungal avec du lait concentré. C’est bien marrant car je tenais à marquer le coup pour la photo avec une grosse bougie. Mais ici, les gens sont très gentils mais assez moroses. Ce n’est pas le Sénégal : de la fête et de la musique mais des Musulmans très bornés. J’avais acheté des gaufrettes pour les gamins : ils se jettent dessus sans aucun remerciement. Je propose de mon gâteau à deux gars qui mangent à côté de moi : ils refusent ??!
Photographie du voyage
Carnet de route