Carnet de route

Mercredi 13 Novembre - Sur le fleuve SENEGAL

Ca y est, le jour se lève, il est 6 heures, j’adore le levé du jour sur l’eau, c’est un moment magique. Des cris d’oiseaux, des odeurs, le levé du soleil, la lumière, et une petite brume qui s'élève au dessus du fleuve. Les femmes qui remplissent des énormes bassines multicolores d’eau pour les remonter sur la tête par les pentes abruptes jusqu’au village. Une pirogue transporte du sable, ils le déchargent avec des seaux et le transfère à la pelle dans un camion. Quelques pêcheurs jettent des filets de leurs embarcations mais sans grand succès.
Ce matin, pas de petit déjeuner, je ne croyais pas qu’on allait mettre si longtemps, alors je n’avais pas prévu. De plus comme il font le Ramadan, je n’avais pas non plus droit au thé.
En milieu de matinée, on stoppe vers un village pour livrer du riz. J’en profite pour voir si je trouve à manger et miracle, je trouve du pain. Heureusement, il me reste trois vache qui rit, ça me bouche un petit coin.
Un gamin et son père font rentrer quelques chèvres de force dans une petite pirogue, elles n’ont pas l’air très enchantée d’aller sur l’eau. Sur la berge il y a d’énormes sangsues qui se tortillent. Nous repartons sous une chaleur torride, on s’ensable deux fois et on dépanne un autre qui ne connaît pas le fleuve.
Notre capitaine à nous est un as, il connaît le parcours par cœur et zigzag dans tous les sens pour éviter les bancs de sable, guidé par son copilote à l’avant du bateau qui lui fait signe dans les parties difficiles. Une pirogue pleine de sable, avec deux occupants, traverse le fleuve, elle est tellement chargée et pourrie qu’un des gars écope l’eau à l’aide d’une casserole à une vitesse folle pour arriver de l’autre côté avant de couler. Nous tombons enfin en panne sèche un kilomètre avant l’arrivée. Un des gars de l’équipage part en ville pour revenir trois quarts d’heure après avec un litre d’essence.
Voilà trente heures que nous naviguons et je suis plus fatigué qu’en vélo. J’ai envie d’une bonne douche, nous arrivons enfin à KAYES et je trouve une chambre à la Maison de la Radio Locale.