Jeudi 14 Novembre - Repos KAYES

Carnet de route

Jeudi 14 Novembre - Repos KAYES

Le nom de cette ville n’a aucun rapport avec sa température car on la surnomme « la cocotte minute ». Ici il fait vraiment très très chaud. Cette chaleur serait due au minerai de fer qui entourerait la cité. Ce matin j’ai un peu mal au dos mais ça ne m’étonne pas plus que ça car j’ai dormi en porte à faux sur les sacs de riz et avec l’humidité en prime, ça ne peut pas être autrement.
Mohamed de l’auberge est un personnage. Il cuisine très bien, c’est abondant et il a toujours le mot pour rire. Il est vraiment unique. Hier soir, j’ai mangé avec deux femmes septuagénaires qui logent à l’auberge et qui font partie d’une association humanitaire, elles sont là depuis le mois d’Août. Dans une salle, au rez-de-chaussée, il y a la radio locale et une salle de conférence. Ce matin j’ai mangé au côté du maire d’une commune et du conseiller général du coin qui sont là pour une grande réunion entre élus en rapport à des projets de travaux importants.
Le maire me précise, « ici tout est prioritaire mais nous n’avons jamais l’argent ». Malgré cela, ça plaisante beaucoup, les Maliens sont de grands enfants très fanfarons. Ils sont toujours après rire et blaguer entre eux. Je me rends à la banque ce matin, il y avait au moins trente personnes, on attendait depuis une heure, mais il y a une ambiance inhabituelle, ça rigole même avec les gars des guichets. Pendant que je retirais de l’argent dans une salle à part, les trois gamins du responsable sont rentrés en sortant de l’école, ils sont venus me dire bonjour, et lui me les a tous présentés, imaginez ceci en France. Pour ressortir de la banque, vous passez derrière les guichets, il n’y a apparemment aucune insécurité, ils sont tous très décontractés.
En ville, pas une rue n’est goudronnée. J’ai pris une super gamelle sur du sable en pleine ville devant des dizaines de passants, je les ai bien amusés. Je suis allé me faire enregistrer à la Police car je n’ai pas eu le temps hier, ils étaient déjà fermés. Le policier me demande si j’avais un cadeau pour lui, comme Dab, on ne sait jamais. Je ressors du commissariat, le pneu arrière de Bamako est hors service. J’en ai marre de toutes ses crevaisons, je rentre à pied jusqu’à l’auberge, environ 4 kms. Mohamed le gardien cuisinier de la Radio Rurale a deux femmes qu’il a marié toutes les deux à 14 ans. Une d’entre elle a 15 ans, Mohamed en a 36. Elles ne vivent pas au même endroit car elles sont jalouses. Dans ma chambre, un lézard avec une grosse tête se balade au plafond. Dehors de très beaux oiseaux se volent d’arbres en arbres. Ce soir je vais sur Internet, pendant que je tape, le gérant m’apporte un thé et ensuite des espèces de tripes avec une bonne sauce aux oignons. Avez-vous déjà trouvé des Cybercafés qui vous offrent à manger ? Demain un autre ouvre ses portes, ils étaient en train de faire les derniers essais, je n’ai pas pu y aller.
Pour rentrer de la ville je me suis fait surprendre par la nuit et ici rien n’est éclairé le soir. Très très dur avec les trous qu’il y a dans les rues. Je suis obligé de marcher à pied la plupart du temps car c’est très dangereux. On ne voit pas les piétons (et oui, essayez de voir des noirs la nuit) ! Avec mon sens de l’orientation, je partais dans le mauvais sens. Dans la rue principale des centaines de personnes agenouillées prient ensemble, les hommes devant, les femmes derrière, c’était impressionnant. Toute une voie de la route principale est aussi bloquée par des gens qui prient, les voitures sont obligées de dévier sur le côté. J’ai demandé la raison à Mohamed, il m’explique que dès que le soleil tombe, là ou tu te trouves tu dois prier.
Ce qui m’étonne toujours dans une grande ville comme KAYES qui est la deuxième du MALI, c’est de voir chèvres, ânes ou moutons se balader dans les rues. J’ai posé la question pour les ânes, ils ont tous un propriétaire, mais ils les prennent lorsqu’ils en ont besoin, le reste du temps ils se débrouillent comme ils peuvent pour se nourrir.