Départ ce matin à 8 H 30 DIAKITE m’accompagne comme il est coutume jusqu’à la sortie de la ville. On croise le secrétaire de mairie qui se rend au travail. Dernière salutations et on se quitte. Je bouffe déjà la poussière de quelques camions. Je suis pire qu’un clochard, mes affaires sont toutes rouges, « BAMAKO » aussi. La chaîne grince sur les pignons mais il vaut mieux que je ne mette pas d’huile. La piste pénètre dans la jungle avec de gros arbres, dommage, ils ne font que très peu d’ombre sur la chaussée. Je m’arrête sous un de ceux-ci pour manger mon orange et là c’est le pied. Je respire à pleins poumons les odeurs de la forêt et j’écoute les innombrables chants d’oiseaux et certains cris que je ne peux pas définir (singe ou autre). Je repars et croise deux chasseurs à vélo. L’un avec un vieux fusil et l’autre un poignard. On essaie de se parler mais ils ne causent pas du tout français. De temps en temps des clairières avec des champs de coton.
Il est 13 H 30, j’arrive au village de SEGALA meurt de chaud et de soif. Je m’arrête à la première épicerie, pas de Coca, ils m’envoient dans le centre et là, je trouve un Coca bouillant. Ils n’ont ni électricité, ni groupe électrogène, je peux acheter un dernier bout de pain qu’il reste pour faire mon sandwich à la Vache qui rit. L’épicier m’apporte une chaise et un broc d’eau pour me laver la figure qui est rouge de poussière et j’en profite pour rincer le plus gros sur la chaîne de « BAMAKO » car ça grince méchant.
Je rêve de frais, j’envoie un gamin m’acheter une pastèque, il n’en trouve pas. Alors je retourne vers la gare routière ou il y a souvent des femmes qui vendent un peu de tout, mais il n’y a ni pastèque, ni orange. Je goutte un fruit qui a un peu l’aspect des citrons mais un peu plus gros, il a le goût du melon. Je m’avance sous un abris bâché vers des femmes qui préparent des brochettes de viande pour les vendre à l’arrivée des bus et taxi brousse. Les mouches recouvrent les morceaux à mesure qu’elles les coupent. Il y a aussi du riz qui mijote et les poules viennent de temps en temps le picorer. Il y a aussi du lait caillé, j’ai tellement envie de frais que j’en goûte une tasse. Il n’est pas trop chaud alors j'en avale deux grands bols en bois. Ca rigole beaucoup de me voire si affamé. Tout à coup un gros camion s’arrête, on vient m’appeler, c’est un camion de livraison et il y a plein de pastèques. Super, on se chamaille beaucoup en plaisantant car j’en choisis une belle et un malien m’en montre une autre en me disant qu’elle est plus jolie pour me piquer la mienne. Ils adorent plaisanter et on passe une bonne partie de rigolade. J’en achète une et la partage avec tout le monde. Je me rends ensuite vers une espèce de mare boueuse où les enfants fabriquent des briques en mettant de la boue dans des moules qui sont ensuite séchés au soleil. Ces briques serviront à construire les futures cases. Je repars ensuite jusqu’à DIO - GARE, je m’arrête, bois un Coca chaud et me renseigne pour dormir. Le premier à qui je demande m’emmène chez lui, me présente ma case et toute sa famille. J’ai très chaud et il m’apporte un seau pour me laver. Ensuite de la bouillie de mil et un gâteau africain au mil avec une sauce, ce n’est pas trop mon truc. LASSI, qui m’a invité est teinturier, il repasse avec un fer à repasser à braise comme nos grands-mères et il y a quand même une télévision dans la cour qui fonctionne sur batterie. Nous ne manquons pas, bien sûr, le thé dont la cérémonie m’étonne toujours. Il est transvasé des dizaines de fois d’un verre à l’autre et revidé dans la théière posée sur la braise de charbon de bois dans de petits brûleurs artisanaux pour être ensuite reversé de très haut avec une adresse incroyable afin qu’il s’oxygène pour affiner son arôme.
Ici, au MALI, les femmes travaillent beaucoup, souvent avec le bébé dans le dos. Tout le long de la piste j’ai vu beaucoup de panneaux indiquant des associations de femmes pour le maraîchage ou autre.

Carnet de route
Mercredi 20 Novembre SEBEKORO - DIO GARE 94 Kms
