Djamel avait mis son réveil à 6 H pour partir à SEGOU avant les grosses chaleurs. Il a deux sacs énormes d’affaires à troquer. Cette nuit difficile de fermer l’œil avec le bruit de la rue et l’appel à la prière à 5 H 30 du matin. Alors je me lève en même temps que lui pour aller en ville de bonne heure car il m’a laissé toutes ses cartes postales à poster et il faut que je trouve de l’argent et que je me rende à Air Algérie qui n’ouvre que de 9 H à midi avec le Ramadan. Je parcours les rues en long et en large, je demande aux flics qui m’induisent en erreur. Heureusement je rencontre un étudiant en DEUG de géographie, hyper sympa qui m’emmène à la banque à 30 minutes de là et sans lequel je n’aurais jamais trouvé car elle était cachée dans un immeuble. Il a beaucoup de temps à me consacrer et me dirige ensuite vers l’agence et la Poste car dans ce labyrinthe mon mauvais sens de l’orientation reprend ses droits. Nous discutons beaucoup du pays et je lui propose de lui offrir un verre mais il refuse cause Ramadan. Il me demande mon adresse et je rentre chez Mama Fanta très fatigué après m’être débarrassé de quelques harceleurs. Je vide toutes les sacoches de « BAMAKO » pour les laver, ainsi que toutes mes affaires et mon fidèle compagnon car la poussière rouge à sévit de partout. La Mama m’interpelle pour m’interdire de laver ici car elle se sert de l’eau. Elle me dit d’aller laver au fleuve. Alors, s’en est trop, je me fâche et lui explique que l’eau de la douche est en priorité pour les locataires et non pour elle. Elle s’énerve en rigolant en même temps. Je lui dis qu’elle n’est pas la seule et que si elle n’est pas contente j’irais voir ailleurs. Alors elle me répond qu’elle ne me retient pas et que si je reste elle me coupe la tête. Ensuite elle me dit, maintenant qu’on s’est bien disputés on va pouvoir s’entendre. Mais la pauvre ne me connaît pas, je suis très têtu et lorsque je décide quelque chose, je le fait, alors c’est décidé, je vais m’inscrire à la Mission des Sœurs Blanches. C’est beaucoup mieux et en plus moins cher. Mama Fanta doit avoir beaucoup de regret car j’étais maintenant le seul locataire et je pense qu’elle ne croyait pas que j’allais vraiment partir. Mais tant pis, il ne faut jamais provoquer un Scorpion. Avec mon bon cœur j’ai malgré tout un peu de peine pour elle. Vers les Sœurs il y a moustiquaire, ventilo et je suis seul dans un grand dortoir de huit lits. Dans une autre chambre il y a un couple, lui est blanc, elle est noire noire Sénégalaise et très drôle. Ils sont marié et vivent en France à la montagne (Super-Besse). Elle explique la première fois qu’elle a vu de la neige et raconte qu’elle c’est mise au ski et que tout le monde rigole en la voyant car elle tranche beaucoup avec le paysage. Lui rêve d’un périple comme le mien et me demande une foule d’informations. Elle me propose ensuite très gentiment de me laver mon linge, que demander de plus ? Bon, il est 20 heures, je vais manger un couscous chez Mustapha, juste en face au Café des Sports.
Photographie du voyage
Carnet de route